C’est quoi au juste, la caséine?
On me pose souvent la question, avec quel genre de peinture je travaille. Huile, acrylique, et caséine. Quand je mentionne la caséine, on me regarde toujours avec des points d'interrogation dans les yeux...
"Kossé ça, de la caséine?!"
C'est vieux comme la lune, cette peinture-là, mais très peu d'artistes s'en servent encore. C'est de la peinture à base de lait, en fait. Probablement la plus vieille peinture qui existe, certaines oeuvres peintes à la caséine datent de près de 10,000 ans. C'est vieux, et presque oublié aujourd'hui.
La caséine était très populaire chez les illustrateurs professionnels au début du siècle, qui appréciaient son séchage très rapide. On parle de quelques secondes de temps de séchage. C'est donc difficile de travailler sur de grands formats, puisque ça sèche aussi rapidement. Donc on travaille en petits formats. Quand l'acrylique est arrivée sur le marché dans les années 50, avec un temps de séchage d'environ 30 minutes, la majorité des illustrateurs commerciaux ont lentement migré vers l'acrylique et délaissé la caséine, qui a lentement sombré dans l'oubli.
Mais il existe encore une compagnie qui fabrique de la caséine, et on en voit pas partout malheureusement. Vu que le temps de séchage est si rapide, ce n'est plus très populaire parmi les artistes.
Mais moi, en bon misfit que je suis, c'est précisément ce que j'aime de la caséine. Ça sèche tout de suite, presque instantanément. Ça change de la peinture à l'huile, ça change complètement ma façon de travailler. Pas le temps de faire de beaux dégradés, pas le temps de fignoler de détails, il faut y aller rapidement, et être sûr de sa shot. C'est comme travailler sans filet, et j'aime beaucoup le rendu rough que ça donne aux illustrations!




