En pellicule ou rien

En pellicule ou rien

J'ai pas mal toujours filmé en numérique, depuis que j'ai commencé à faire des films voilà plus de 25 ans. Mais il y a une sorte de magie qui n'existe que dans le cinéma 'analogue', filmé avec de la pellicule. Une magie qui réside possiblement dans l'imperfection du médium, le grain dans l'image, les artefacts de tournage qui apparaissent 'naturellement' dans le support physique. La pellicule capture l'essence même, la vie du sujet devant la lentille, alors que le numérique ne fait que capturer les formes et les couleurs qui se déplacent, et traduit ces déplacement en pixels de différentes valeurs.

C'est froid et mathématique, le numérique. Et la moindre imperfection est un bug, qui est rapidement corrigé par les manufacturiers. On passe à côté de quelque chose d'important, avec le numérique. L'imperfection de la vie.

Mon prochain projet, je le fais en pellicule.

Je suis arrivé légèrement trop tard dans le monde du cinéma pour vivre les années du tournage en film. En fait j'ai pu commencer à faire des films parce que le numérique est arrivé.

Mais j'aime le look du film, j'aime la vie qu'il y a dans la pellicule. J'aime le procédé de développement, préparer les produits pour le développement, le travail en chambre noire, bobiner de la pellicule, découvrir avec émerveillement les images que j'ai filmé quelques jours auparavant, toutes imprimées sur des bouts de film large de 16mm.

Le côté artisanal, quoi.



J'aime aussi les vieilles caméras. Des machines en métal qui datent de 60 ans, et qui fonctionnent comme des neuves. Très souvent, on ne peut pas en dire autant des caméras numériques qui datent de 15 ans...

Je filme avec une Krasnogorsk-3, une caméra grand public des années 70, fabriquée en Russie (dans la ville de Krasnogorsk, en fait). Une caméra complètement mécanique, avec un moteur à ressort. On crinque la caméra, et elle filme quand on presse sur le bouton. Le moteur tourne, le film défile devant la lentille et la cam prend des photos, au rythme de 24 images par seconde. De la vieille technologie, la base du cinéma.

Évidemment, trouver la pellicule n'est pas toujours facile — surtout à bon prix — car les boutiques de photo (celles qui existent encore) en ont rarement en stock. Pas assez de demande. Alors il faut fouiller un peu. Et je dois dire que la recherche de pellicule fait aussi partie du plaisir de tourner en film!

Je vous parlerai un peu plus de la pellicule (et de caméras si vous voulez!) dans un autre billet.

Pour l'instant, je dois aller préparer mes chimies et développer quelques bobines.

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